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La culture permanente : une innovation paysanne méconnue de la recherche dans le vieux bassin cotonnier de Koutiala (Mali)

Gigou Jacques, Coulibaly Harouna, Traoré Kalifa B., Giraudy François, Doucouré Cheick Oumar Tidiane, Healy Sean. 2006. La culture permanente : une innovation paysanne méconnue de la recherche dans le vieux bassin cotonnier de Koutiala (Mali). In : Agronomes et innovations : 3ème édition des entretiens du Pradel. Actes du colloque des 8-10 septembre 2004. Caneill Jacques (ed.). EPLEA Olivier de Serres, INRA, France-Ministère de l'agriculture et de la pêche-DGER. Paris : L'Harmattan, pp. 303-314. (Biologie, écologie, agronomie) ISBN 2-296-01130-6 Les Entretiens du Pradel, Journées Olivier de Serres. 3, Mirabel, France, 8 September 2004/10 September 2004.

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Titre anglais : Continous cultivation: a farmer's innovation misunderstood by the research in the old cotton basin of Koutiala (Mali)

Abstract : En Afrique, le passage de la culture itinérante à la culture permanente est nécessaire, pour que la production s'adapte à la croissance démographique. Mais ce passage est redouté des paysans, car il implique des dépenses supplémentaires pour entretenir la fertilité, et des autorités car il peut entraîner la baisse générale de la fertilité des terres. Cependant, cette transition s'est faite progressivement et sans heurt, en une trentaine d'années, dans le "vieux bassin cotonnier" du Mali. Cette évolution n'a pas été décelée par les observateurs contemporains, chercheurs ou vulgarisateurs. Mais a posteriori, elle est mise en évidence par l'âge des champs actuellement cultivés. L'âge des champs cultivés, c'est à dire le nombre d'années depuis lequel ces champs ont été cultivés sans remise en jachère, est connu par enquêtes auprès des paysans. On observe ainsi que depuis 1965, de nombreux champs ont été maintenus sous culture et depuis 1990, très peu de champs sont mis en jachères. Les nouvelles terres qui sont défrichées permettent d'augmenter la surface cultivée. Ces trois observations prouvent bien le passage progressif à la culture permanente. Ce passage a commencé dans les années 1965-70, alors que la pression foncière était encore faible: moins de 10% des terres cultivées. Il est possible de reconstituer la suite des événements qui ont permis aux paysans de passer de la culture itinérante à la culture permanente. Dans les années 1960-65, la culture du coton a été vulgarisée à grande échelle. Elle a permis l'introduction de la culture attelée bovine et de rotations entre céréales et cotonnier. En conséquence, les paysans ont augmenté le nombre d'années de culture, pour mieux amortir le défrichement plus complet, nécessaire pour labourer aux boeufs. Ensuite, la culture a pu être continuée jusqu'à ce jour grâce à l'introduction progressive d'innovations: les engrais en 1972 et 1975, la charrette qui permet le transport du fumier dans les années 1980, la lutte contre l'érosion et le ruissellement dans certaines zones sensibles, etc. Cependant, les chercheurs et les vulgarisateurs se plaignaient de la crise de la culture itinérante, alors que les paysans étaient déjà en culture permanente. Aucun des indicateurs dont ils disposaient ne leur a permis de comprendre les modifications du système de culture en cours. En fait, ils souhaitent le passage à la culture permanente d'une façon différente: par l'augmentation des rendements par hectare et une limitation des surfaces cultivées. Au contraire, les paysans sont passé à la culture permanente avec des rendements constants et l'augmentation des surfaces cultivées, permise par les nouvelles techniques vulgarisées, leur a permis d'augmenter leur production. Ainsi une nouvelle culture, le cotonnier, a permis le passage à la culture permanente, par l'introduction d'intrants et de nouvelles techniques. Mais ce passage s'est fait par l'innovation paysanne d'une façon différente de ce que les vulgarisateurs souhaitaient. (Résumé d'auteur)

Mots-clés Agrovoc : Culture itinérante, Intensification, Culture attelée, Vulgarisation, Système de culture, Colonisation rurale, Coton, céréale, Sociologie rurale

Mots-clés géographiques Agrovoc : Mali

Classification Agris : F08 - Cropping patterns and systems
E50 - Rural sociology

Auteurs et affiliations

  • Gigou Jacques, CIRAD-CA-GEC (FRA)
  • Coulibaly Harouna, IER (MLI)
  • Traoré Kalifa B., IER (MLI)
  • Giraudy François, CFDT (FRA)
  • Doucouré Cheick Oumar Tidiane, CMDT (MLI)
  • Healy Sean

Autres liens de la publication

Source : Cirad - Agritrop (https://agritrop.cirad.fr/522520/)

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