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Les filières gomme arabique au Nord-Cameroun

Peltier Régis, Palou Madi Oumarou, Balarabe Oumarou. 2010. Les filières gomme arabique au Nord-Cameroun. In : Savanes africaines en développement : innover pour durer. Actes du colloque, Garoua, Cameroun, 20-23 avril 2009. Seiny Boukar L. (ed.), Boumard Philippe (ed.). PRASAC. N'Djamena : PRASAC, 19 p. Colloque Savanes africaines en développement : Innover pour durer, Garoua, Cameroun, 20 April 2009/23 April 2009.

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Titre anglais : The gum arabic sectors in North Cameroon

Matériel d'accompagnement : 1 diaporama (22 vues)

Abstract : Au Cameroun, depuis des décennies, les organisations gouvernementales et les projets tentent d'organiser les filières de la gomme arabique, en vue d'en contrôler et d'en taxer les flux. Il s'agit également, en amont, d'initier une gestion durable des peuplements naturels de gommiers ou d'en susciter la plantation. La filière officielle n'a jamais réussi à être performante, ce qui entrave l'organisation du marché, retarde la mise en place d'organisation de producteurs et décourage les planteurs qui ne peuvent pas écouler leur production. Méthode: Avec le soutien du projet Acaciagum et du PRASAC, des études de filière ont été menées au Nord-Cameroun en 2007 et 2008 (elles venaient compléter les études menées par le CEDC, sur financement FAO-SNV, en 2000), pour déterminer quelles étaient les pratiques réelles des cueilleurs et des acheteurs, afin d'identifier les blocages éventuels au développement de cette filière. Résultats: En fait, on constate que l'essentiel des quantités de gomme prélevées provient des formations naturelles à Acacia seyal et emprunte une filière informelle vers le Nigéria. La récolte est effectuée en majorité par des enfants et des femmes, qui profitent d'une autre activité en brousse pour compléter leurs revenus. Cette filière informelle présente des avantages pour les vendeurs, tels que le préfinancement de la campagne, le paiement au comptant, la multiplication des points d'achat jusque dans les villages et sur les marchés hebdomadaires, ce qui permet une réutilisation immédiate et sans risque de l'argent ainsi qu'une garantie d'achat, même si le prix est fluctuant et négociable. Au contraire, la filière officielle est rigide, les points d'achat sont peu nombreux et éloignés des lieux de vente, les prix sont fixes (sans concurrence), en fonction de la qualité mais la détermination de celle-ci est jugée arbitraire par les vendeurs, les achats et les paiements ne sont pas garantis. D'autre part, cette filière est fortement taxée de façon officielle et officieuse, ce qui la rend peu concurrentielle par rapport à l'exportation illégale. Les planteurs d'Acacia senegal camerounais constituent une population très différente decelles des cueilleurs. Il s'agit en majorité d'hommes d'âge mûr, relativement aisé. Les projets et les ONG qui ont encouragé les cueilleurs à s'organiser ou à planter, les ont motivés en leur promettant des prix élevés et une vente garantie dans le circuit officiel. Or ils se sont souvent heurtés à la mévente de leur stock de gomme, qui n'intéressaient pas beaucoup les acheteurs, en raison des faibles quantités, de leur dispersion et de l'impossibilité de jouer sur le poids et le prix, si bien que les organisations se sont dissoutes et que les plantions ont été abandonnées. La filière informelle est une réalité qui ne peut pas être ignorée, dans des pays où les frontières sont incontrôlables, comme le Cameroun mais aussi le Niger, le Soudan et le Tchad. La filière officielle ne peut être performante que si elle adopte les mêmes méthodes d'achat, en particulier en développant le préfinancement et le paiement du solde au comptant et en multipliant les points d'achat. Si les Etats ou des projets veulent encourager des initiatives de gestion durable des peuplements naturels (foresterie communautaire multi-usage) ou de reboisement de terres dégradées et donc de "domestication" des acacias, ils doivent accepter d'appuyer la sécurisation foncière, de réduire les taxes et tracasseries de toutes sortes qui plombent les filières officielles, tout en encourageant les "gommiculteurs" à se positionner sur des marchés plus rémunérateurs, de type commerce équitable ou biologique (avec l'appui technique de l'Etat, des projets et des ONG). Ceci est tout à fait possible pour cet épaississant alimentaire de bonne qualité qui entre dans la fabrication de produits à haute valeur ajoutée. (Résumé d'auteur)

Mots-clés Agrovoc : Gomme arabique, Acacia senegal, Acacia seyal

Mots-clés géographiques Agrovoc : Nigéria, Cameroun

Mots-clés géographiques complémentaires : Cameroun nord

Classification Agris : E16 - Production economics
K10 - Forestry production
E70 - Trade, marketing and distribution

Auteurs et affiliations

  • Peltier Régis, CIRAD-ES-UPR Ressources forestières (FRA)
  • Palou Madi Oumarou, IRAD (CMR)
  • Balarabe Oumarou, IRAD (CMR)

Autres liens de la publication

Source : Cirad - Agritrop (https://agritrop.cirad.fr/551191/)

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