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"Une femme en Côte d'Ivoire, une femme au Burkina Faso". Changement écologique et social autour du cacao... et de l'anacarde

Ruf François. 2016. "Une femme en Côte d'Ivoire, une femme au Burkina Faso". Changement écologique et social autour du cacao... et de l'anacarde. EchoGéo (37), 24 p.

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2016 10 Echogeo-14696.pdf

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Liste HCERES des revues (en SHS) : oui

Thème(s) HCERES des revues (en SHS) : Géographie-Aménagement-Urbanisme-Architecture

Abstract : La Côte d'Ivoire, dans sa diversité de régions de forêt et de savane, et le Burkina Faso sont historiquement liés dans la construction de l'économie de plantation villageoise ivoirienne, fondée sur le binôme " café/cacao ". La terre de la première a toujours eu besoin du travail des habitants du second. Cette rencontre entre terre et travail a pu se réaliser avec peu de capital et sans capitalistes dans la sphère de production. Les familles d'origine ivoirienne et burkinabé, en majorité des migrants, constituent toujours l'ossature du secteur cacao. Au sein de la famille, les stratégies évoluent en réseaux, sur plusieurs espaces économiques. La contribution des femmes aux travaux dans les cacaoyères et champs de vivriers attenants est connue. Mais quel pourrait être l'importance et le rôle des femmes de planteurs qui resteraient ou retourneraient " au pays ", au " village d'origine " ? Cette question, apparemment peu étudiée, est traitée à travers des enquêtes dans les villages de migration cacaoyère en Côte d'Ivoire, donc auprès des planteurs et maris parlant de leur femme au village d'origine, complétées d'informations collectées auprès des co-épouses restées avec leur mari. Un échantillon de 209 planteurs migrants dont 117 se déclarant d'origine burkinabé, se répartit sur une douzaine de villages de part et d'autre du fleuve Sassandra. Le premier résultat est la fréquence du phénomène, pouvant atteindre 20% des ménages de migrants. En amont de ces résidences de femmes au village d'origine, les stratégies combinent des objectifs de solidarité et sécurité familiale, de scolarité, de maintien des réseaux. Mais ces femmes " au village " accompagnent aussi des investissements conséquents et diversifiés, aux déterminants structurels autour du cacao et du politique : chute du prix du cacao à partir de 1988, baisse des rendements des cacaoyères vieillissantes, crise politico-militaire, nouveaux enjeux fonciers. Ces profonds changements écologiques, économiques, politiques des années 2000 génèrent ou accélèrent le processus de " retour " des femmes au village d'origine, … et du boom spectaculaire de l'anacarde en Côte d'Ivoire. Les femmes y jouent un rôle important, par exemple dans les groupes se réclamant d'une origine Abron/Koulango, aux confins de la frontière Ghanéenne. Leur " retour " au village d'origine peut s'interpréter comme une migration post-cacaoyère, porteuse de diversification et d'investissement. Ces " femmes qui restent ou qui repartent " reflètent l'histoire, les jeux et enjeux de l'économie de plantation ivoirienne ou plutôt " ivoiro/ouest-africaine ", mais en écrivent aussi une nouvelle page. (Résumé d'auteur)

Résumé (autre langue) : Côte d'Ivoire, with its diversity of forest and savannah regions, and its neighbour to the north, Burkina Faso, are historically linked to the creation and growth of the Ivorian village plantation economy based on the 'coffee-cocoa' pairing. The land of the former has always needed the workforce of the latter. This combination of land and labour was made possible with little capital and without any involvement of capitalists in production. Families from Côte d'Ivoire and Burkina Faso, mainly migrants, remain the backbone of the cocoa sector. Within the family, strategies evolve through networks, across several economic spaces. Women's contribution to labour on cocoa farms and adjacent fields of food crops is known and acknowledged. But what could be the importance and role of the farmers' wives who remain behind in – or later return to – the 'home country' and the 'home village'? This question, apparently little studied, is addressed through surveys in the cocoa migration villages in Côte d'Ivoire, i.e., of growers and husbands who speak about their wives back in the home villages, supplemented with information gathered from co-wives who stay with their husbands. A sample of 209 migrant farmers, including 117 who claim to be of Burkinabe origin, is spread over a dozen villages on either side of the Sassandra River. A first result is the frequency of the phenomenon, involving up to 20% of migrant households. The reason behind these women's continued residence in their villages of origin can be found in strategies that combine the objectives of solidarity and family security, education, and maintenance of networks. But these women 'back in the village' are also motivated by substantial and diversified investments, the structural determinants around cocoa cultivation, and policy: declining cocoa prices since 1988, falling yields from ageing cocoa farms, political and military crises, and new land-related issues . These profound ecological, economic, and political changes of the 2000s generate or accelerate the process of 'return' of wives to the home village – and the spectacular boom of cashew cultivation in Côte d'Ivoire, in which women play an important role, for example in the groups claiming an Abron/Koulango origin, along the Ghanaian border. Their 'return' to the village of origin can be interpreted as a post-cocoa migration, and a driver of diversification and investment. These 'women who stay back or return' not only reflect history, the stakes and issues of the Ivorian – or rather 'Ivorian/West African' – plantation economy, but also themselves write a new page in it. (Résumé d'auteur)

Mots-clés Agrovoc : Theobroma cacao, Anacardium occidentale, Genre (femmes/hommes), Exploitation agricole familiale, Migration, Crise économique, Rôle des femmes, Main d'oeuvre féminine, Enquête, Village, Sociologie, Analyse économique, Structure sociale, Famille

Mots-clés géographiques Agrovoc : Burkina Faso, Ghana, Côte d'Ivoire

Classification Agris : E50 - Rural sociology
E80 - Home economics, industries and crafts
E51 - Rural population
F01 - Crop husbandry

Axe stratégique Cirad : Axe 3 (2014-2018) - Alimentation durable

Auteurs et affiliations

  • Ruf François, CIRAD-ES-UMR INNOVATION (CIV)

Source : Cirad-Agritrop (https://agritrop.cirad.fr/581998/)

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