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Les conséquences des politiques de libéralisation sur l'organisation des filières agricoles au Sénégal : vers de nouveaux compromis institutionnalisés [Filières et marchés]

Duteurtre Guillaume, Faye Mbène Dieye, Fall Abdoulaye, Dieye Papa Nouhine, Deme Moustapha, Ba Cheikh Oumar, Gaye Matar. 2005. Les conséquences des politiques de libéralisation sur l'organisation des filières agricoles au Sénégal : vers de nouveaux compromis institutionnalisés [Filières et marchés]. In : Les institutions du développement durable des agricultures du Sud : journées SFER de Montpellier, 7-9 novembre 2005. SFER. Paris : SFER, 15 p. Journées SFER 2005 sur les institutions du développement durable des agricultures du Sud, Montpellier, France, 7 November 2005/9 November 2005.

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Abstract : Le secteur agricole sénégalais est en pleine transformation. Les politiques de libéralisation menées à partir du début des années 1990 ont affecté l'ensemble des sous-secteurs de l'économie rurale. Une synthèse bibliographique a permis de caractériser "l'état actuel des filières agricoles au Sénégal" et d'évaluer les transformations en cours dans leur organisation. Pour prendre en compte la diversité de l'économie rurale, cette synthèse a concerné 17 filières prises dans le secteur céréalier, le secteur oléa-protéagineux, le secteur cotonnier, le secteur horticole, le secteur élevage, le secteur forestier et le secteur halieutique. Dans l'ensemble des filières étudiées, la fourniture d'intrants et de services agricoles a été très affectée par le retrait de l'Etat. Ainsi, de nouvelles institutions publiques ou privées sensées appuyer ou sécuriser la production ont émergé. Mais leurs succès se limitent à certaines filières jugées prioritaires (comme la tomate industrielle ou le riz dans la vallée) où à quelques actions trop isolées (comme l'insémination artificielle, la fourniture d'engrais ou de matériels agricoles). Pour la majorité des filières, au contraire, la répartition des ailes entre les organisations de producteurs, les institutions publiques d'encadrement du monde rural, les commerçants et les industriels ne semble pas bien établie. La production de semences, le micro-crédit, ou l'accès aux aliments du bétail, par exemple, souffrent de cette absence de compromis. Cette instabilité est renforcée par l'apparition de nouveaux acteurs (nouveaux producteurs, transformateurs privés, commerçants) qui tentent de conquérir des parts de marchés. Ces bouleversements renforcent la diversification des activités des producteurs, perçue le plus souvent comme une réponse á la crise de la filière arachide. Dans le domaine de l'organisation professionnelle, on constate un dynamisme assez important qui témoigne de la professionnalisation progressive de certaines filières. De nouveaux types de contractualisation apparaissent entre producteurs, commerçants, et transformateurs; et les organisations interprofessionnelles se multiplient. Enfin, les débouchés évoluent profondément. Les transformateurs privés, bénéficiant de la libéralisation de l'économie, commercialisent de nouveaux types de produits, souvent spécifiquement élaborés pour le marché domestique, à la différence des anciennes industries tournées vers l'export ou la production de biens industriels. Cette diversification des débouchés s'appuie sur l'évolution rapide des modes de consommation et des statuts culturels des aliments, surtout dans les villes. L'ouverture croissante des marchés aux importations apparaît comme une réponse à l'explosion de la demande urbaine. Mais elle semble mettre en péril certaines productions agricoles comme l'aviculture ou la production d'oignons. Au total, on constate que les défaillances de marché peuvent être interprétées en terme d'absence de compromis institutionnels. L'importance du temps long dans ces processus doit être souligné et le rôle de l'État dans la régulation des filières agricoles apparaît crucial. Des actions doivent être menées par les pouvoirs publics afin de mieux répartir les risques au sein des filières, de compenser l'enclavement géographique de certaines régions ou de garantir la qualité des intrants et des produits. Mais au-delà de ces actions publiques, les filières agro-alimentaires sénégalaises sont à la recherche de nouveaux compromis entre Ies organisations professionnelles, l'État et le secteur privé. Les organisations interprofessionnelles pourraient permettre de faciliter ce dialogue entre acteurs, tel que le prévoit la nouvelle Loi d'Orientation Agro-Sylvo-Pastorale. (Résumé d'auteur)

Mots-clés Agrovoc : Libéralisation des échanges, Développement économique, production, Service professionnel, Service public, Association d'agriculteurs, secteur privé, Organisation paysanne

Mots-clés géographiques Agrovoc : Sénégal

Mots-clés complémentaires : Filière

Classification Agris : E70 - Trade, marketing and distribution

Auteurs et affiliations

  • Duteurtre Guillaume, CIRAD-EMVT-UPR Systèmes d'élevage (SEN) ORCID: 0000-0002-5223-2589
  • Faye Mbène Dieye, ISRA (SEN)
  • Fall Abdoulaye, ISRA (SEN)
  • Dieye Papa Nouhine, ISRA (SEN)
  • Deme Moustapha, ISRA (SEN)
  • Ba Cheikh Oumar, ISRA (SEN)
  • Gaye Matar

Autres liens de la publication

Source : Cirad - Agritrop (https://agritrop.cirad.fr/529517/)

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